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L'Aïd el fitr, ses jugements et ses règles

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Le Docteur ‘Acim bnou Abdilleh Bnou Ibrahim Bnou Khalil Bnou Mustapha Al Maâmmar Al Qaryouti est jordanien, spécialiste dans la Sounnah prophètique et ses sciences.

Il travaille actuellement comme chargé de cours au département des sciences islamiques à l'université islamique de l'imam Mohammed Ben Sou'oud à Riyadh.

 Il fut l’élève de ‘Abdelfettah El Qadhi, Chaykh Al Albani, Chaykh Ben baz, Chaykh Mohammed Amine El Misri, Chaykh Abdelmouhcine El Abbad et d’autres…

Pour plus d’informations concernant la biographie du Chaykh, veuillez vous rendre ici : http://www.alesnad.net/index.php?option=com_content&task=view&id=5&Itemid=26

 

L’Aïd el fitr, ses jugements et ses règles. Par le docteur ‘Assim al Qaryouti.

Bismillehi ar Rahmaani ar Rahiim,

L’Aïd el fitr, ses jugements et ses règles,

 « C’est notre fête ô gens de l’Islam qu’Allah l’accepte de nous et de vous. »

Louanges à Allah, et paix et prières sur le Messager d’Allah, sur sa famille et sur ceux qui les suivent. Ensuite :

 A l’occasion de la venue proche de la fête de l’Aïd, qu’Allah va faire revenir à nous et à l’ensemble des musulmans, dans la joie, la gloire, la bonté et les bénédictions, la popularité, et le retour sincère à la religion d’Allah, je rappelle à mes frères musulmans les jugements et les sounnan (pluriel de sounnah) de l’Aïd, en attirant leur attention sur les innovations et les désobéissances se produisant à cette occasion, ainsi que sur le fait de donner la zakat el fitr avant la prière de l’Aïd. Et je dis, wa billah ettawfiq, et je lui demande Son aide et d’être précis.

 Il t’incombe mon frère musulman de veiller à t’acquitter de la zakat el fitr, de laquelle Allah a fait une purification pour le jeûneur des paroles futiles et vaines et de perversité, et ce, avant la prière de l’Aïd.

Et veille à la sortir en nourriture, celle des gens du pays, conformément à l’orientation du Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallem. Il a rendu obligatoire la zakat el fitr à l’esclave comme à l’homme libre, à l’homme comme à la femme, au petit comme au grand parmi les musulmans. Et il a ordonné qu’elle se donne avant la sortie des gens pour la prière, en donnant un saa’ de dattes ou un saa’ d’orge, etc … Abou Sa’id al Khoudri dit, dans le hadith suivant, répertorié dans le sahih d’al Boukhari : « Nous sortions la zakat el fitr avec un saa’ de nourriture, d’orge, de dattes, d’aqit ou de raisins secs. »

 Et certes l’Aïd el fitr est notre fête ô gens de l’Islam, et le Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallem a dit dans le récit des deux esclaves qui chantaient dans sa maison, sallallahou ‘alayhi wa sallem « Laisse les car tous les peuples ont une fête et celle-ci est la notre. » Rapporté par al Boukhari. Et selon ‘Oqbah bni ‘Amir, le Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallem, a dit : « Le jour de ‘Arafah et le jour de tachriq (11,12 et 13 de Dhoul Hijjah) sont nos fêtes ô gens de l’Islam. »

 

Les jugements de l’Aïd al fitr et ses règles…

Premièrement le takbir (le fait d’évoquer la grandeur d’Allah). Le takbir le jour de l’Aïd, commence avec le début de ce jour et se termine avec la prière de l’Aïd. Allah a dit : ( afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d'Allah pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants ! ) al Baqarah 185. Et la façon de faire le takbir nous vient authentiquement des compagnons du Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallem, qu’Allah les agrée, ils le faisaient en prononçant ceci : « Allahou akbar, Allahou akbar, Allahou akbar kabira » et encore "Allahou Akbar, Allahou Akbar, La ilaha illallah, Allahou Akbar wa lillah el hamd". Le mieux est de se conformer à ces deux façons. Et concernant les autres manières de proclamer la grandeur d’Allah et les ajouts que nous entendons dans de nombreuses mosquées, elles sont sans fondement.

Deuxièmement, faire les grandes ablutions (le ghusl) avant la prière de l’Aïd, se vêtir de ses meilleurs vêtements et se parfumer.

Troisièmement, manger avant de sortir de la maison, des dattes ou autre chose, avant d’aller à la prière de l’Aïd.

Quatrièmement, prononcer le takbir à haute voix.

Cinquièmement, se rendre au lieu de prière (moussallah) par un chemin et d’en revenir par un autre.

Sixièmement, la prière de l‘Aïd dans une moussallah est une sounnah du Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallem. Il faut veiller à l’accomplir, et y inviter les gens. Cependant, si elle est accomplie à la mosquée pour une raison ou une autre, cela ne cause pas de problème.

Septièmement, y emmener les femmes, les enfants et les bébés sans exception, et même celles qui ont leur menstrues. 'Umm `Atiyya (qu'Allah l’agrée) a dit: "Le Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallem, nous ordonna de faire sortir le premier jour des deux fêtes, les nubiles et les vierges cachées des regards pour se rendre à la mosquée. Il donna cependant l'ordre aux femmes indisposées de s'écarter de l'oratoire des musulmans".

Huitièmement, la prière de l’Aïd comporte deux unités de prière. Lors de la première on prononce sept takbir sans compter le takbir d’ihram (du début de la prière), et lors de la seconde, on en prononce cinq, également avant la fatiha. Et l’imam lit lors de ces unités la sourah al A’la et al Ghachiyah, comme mentionné dans un hadith recensé dans le sahih de Mouslim, d’après an Nou’man bni Bachir qui dit « Le Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallem, lisait lors des prières de l’Aïd « Sabbihisma Rabbika l 'a’la » et « hal ataka hadithou l ghachiyah » ».

Neuvièmement, le fait d’écouter le sermon après la prière de l’Aïd est une sounnah, mais celui qui n’y assiste pas et part après la prière, il ne lui en sera pas tenu rigueur.

 Dixièmement, le fait de se souhaiter bonne fête nous vient authentiquement des sahaba (les compagnons du Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallem) qu’Allah les agrée. Cela n’a été rapporté du Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallem, dans aucun hadith sahih. Et concernant les sahaba, d’après Joubayr bni Noufayr a dit : « Les compagnons du Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallem, quand ils se rencontraient le jour de l’Aïd, se disaient les uns les autres « taqabbalallah minna wa minka » ». Al Hafidh Ibn Hajar al ‘asqalani a dit que sa chaine de transmission est bonne.

 

Les innovations de l’Aïd el fitr…

Et veille, mon frère musulman, à t’écarter des innovations et des choses blâmables en tout temps car toute nouveauté dans la religion est une innovation, et toute innovation est égarement et tout égarement est au feu, comme l’a dit le Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallem dans un hadith sahih.

Premièrement, faire le takbir le jour de l’Aïd, à la mosquée ou à la moussallah, en groupe, divisé en deux parties, la première partie fait le takbir, et l’autre répond. C’est une manière innovée, et ce qui est demandé c’est de faire le takbir seul. Et il n’y a pas de problème si chacun le fait seul et que les voix sont synchronisées involontairement jusqu’ à ce qu’ils le fassent tous d’une seule voix. Et concernant la façon citée de le faire avec un groupe qui fait le takbir et l autre qui attend et répond, c’est une bid’a (innovation).

 Deuxièmement, la visite des tombes le jour de l’Aïd, et le fait d’y déposer des sucreries, des bouquets de fleurs et ce genre de choses… tout ceci fait partie des innovations et des désobéissances. Le Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallem, ne faisait pas cela. Et concernant la visite des tombes sans la conditionner dans un moment précis c’est une chose recommandée, conformément à la parole du Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallem : « Visitez les tombes, elles vous rappelleront l’autre monde. »

Troisièmement, s’échanger des cartes de vœux, est une imitation des chrétiens et cela fait partie de leurs traditions. Car j’ai entendu l’éminent chaykh al Albani, qu’Allah lui fasse miséricorde, parler de cela. Alors applique toi mon frère musulman à t’écarter du chemin de ceux qui encourent la colère d’Allah, et du chemin des égarés, et à être parmi les pieux qui marchent suivant le droit chemin (sirat al moustaqim).

 

Et parmi les actes blâmables perpétués à l’occasion de l’Aïd…

Premièrement, le fait que certains hommes s’embellissent en se rasant la barbe, car il est obligatoire de la laisser en toute occasion, et l’obligatoire est de remercier Allah en ce jour et de manifester sa joie par des adorations et non des pèches et des actes blâmables.

 Deuxièmement, le fait de se serrer la main entre hommes et femmes étrangers, non intimes (ne faisant pas partie des maharim). Cela fait parti des choses interdites et des grands péchés, conformément au hadith authentique rapporté dans al Mou’djam al kabir d’Attabarani et dans d’autres : « Le fait de se faire percer la tête avec une aiguille en fer est meilleur pour lui que de toucher une femme qui ne lui ai pas permise. »

Troisièmement, et fait partie du gaspillage le fait d’acheter des pétards et ce genre de chose, et c’est mieux de dépenser cet argent pour les pauvres, les femmes sans maris, les orphelins et les nécessiteux, ils sont nombreux et en ont besoin.

 

Quatrièmement, le fait que soient rependus les loteries et les jeux de hasard dans certains pays le jour de l’Aïd, et particulièrement pour les enfants, cela fait partie des grands péchés. Les parents doivent surveiller leurs enfants durant ces jours et les mettre en garde contre cela.

Taqabbal Allah minni wa minkoum, wa koullou ‘am wa antoum bi khayr wa as salamou ‘alaykoum wa rahmatoullahi wa barakatouh.

 

Ecrit par le Docteur ‘Assim bnou ‘Abdilleh al Qaryouti, le 29 du mois de Ramadhan de l’année 1424.

 Source : http://www.alesnad.net/index.php?option=com_content&task=view&id=54&Itemid=34

 

Traduit par l’équipe assounnah

 

 www.assounnah.com